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19-03-26

Prévision Milano - Sanremo Women 2026

Analyse rédigée par Diego Martín (@calebthemartin)

ANALYSE DU PARCOURS DE LA MILANO - SANREMO WOMEN 2026

  • Horaire : 10 h 35 - 14 h 15 (UCT+1 Madrid)

En 2025, l’édition féminine du premier monument de la saison cycliste a été relancée, quatre lustres plus tard. La précédente édition, appelée Primavera Rosa, s’était disputée en 2005. Gênes accueille de nouveau la partenza de la Milano - Sanremo Women 2026. La distance de la classique reste fixée à 156 km.

La Milano - Sanremo Women 2026 est l’une des premières courses sur route où certaines cyclistes peuvent avoir placé leur premier pic de forme de la saison.

Les deux plats principaux du menu de la Milano - Sanremo Women 2026 sont bien connus : Cipressa et Poggio. Ne pas les connaître éloigne toute possibilité d’amitié. Mais dans toute culture méditerranéenne, la gastronomie est primordiale. Et, comme telle, il n’y a pas de plats principaux sans antipasti.

Et quels sont les antipasti de la Milano - Sanremo Women 2026 ? Les mêmes qu’en 2025, lors de la première réédition féminine. Capo Mele, Capo Cervo et Capo Berta sont les trois ascensions précédant la boucle décisive.

Ce sont trois ascensions qui commencent à ouvrir l’appétit et qui mettent progressivement les coureuses en difficulté. Capo Berta est une côte qui peut contribuer de manière significative à user le groupe. Avec ses 2 km à 6,3 % de pente moyenne, certaines équipes peuvent déjà essayer de commencer à préparer l’attaque dans la Cipressa, même s’il reste 17 km depuis son sommet.

Même si, dans le cyclisme féminin, nous en avons été privées pendant de nombreuses années, la Cipressa et le Poggio sont deux icônes du cyclisme. Il n’est pas nécessaire d’en faire une description excessive. La Cipressa, qui se franchit à 21,5 km de l’arrivée, présente une pente moyenne de 4,1 % sur 5,6 km. Le Poggio, lui, commence à 9,3 km de la ligne d’arrivée et sa pente moyenne est de 3,6 % sur 3,7 km.

Ce n’est pas la sévérité de leur ascension, mais leur étroitesse, leurs virages et leur descente qui font que l’approche du pied de ces montées est l’un des moments-clés du printemps. Le sommet se situe à 5,5 km de l’arrivée et la descente est vertigineuse avant d’aborder les 2 derniers kilomètres plats.

Dans cette course, les montées vers ces deux côtes comptent autant, voire plus, que leurs descentes. Après avoir franchi la Cipressa, les cyclistes devront affronter 3,3 km avec une pente moyenne négative de 7,1 %. Tandis qu’après le Poggio, la descente de 3,2 km présente une pente moyenne négative de 4,5 %.

LA MÉTÉO

On prévoit des températures douces, entre 11 et 13 degrés, durant la Milano - Sanremo Women 2026. Il est peu probable que la pluie fasse son apparition. Le vent peut être un facteur à prendre en compte, en fonction de son évolution. Au moment de la rédaction de ces lignes, on ne prévoit pas une intensité excessive, mais il pourrait le devenir si elle augmente. Il soufflera latéralement, en provenance du sud-sud-est, tout au long de la journée.

FAVORITES POUR LA MILANO - SANREMO WOMEN 2026

Préambule : toutes les cartes du jeu sont dans le coup.

Sanremo est l’un des points culminants de la saison cycliste, tout comme ses deux ascensions emblématiques : Cipressa et Poggio. Lors de cette deuxième réédition féminine, nous nous reposons la sempiternelle question : l’une des grandes favorites osera-t-elle attaquer de loin ou depuis la Cipressa ?

La réponse devrait être oui. Nous avons vu pas mal de combativité dans les classiques précédentes et nous l’avons également vue lors de l’édition 2025. Mais il ne faut pas penser que les attaques se limiteront à l’ascension de la Cipressa. Sa descente, comme nous l’avons vu l’année dernière, peut être un terrain propice aux attaques.

La Milano - Sanremo Women est une course adaptée aussi bien aux sprinteuses, aux puncheurs qu’à certaines excellentes descendeuses et grimpeuses spécialistes des classements généraux. Tout dépendra du scénario de course et de la manière dont plusieurs équipes et cyclistes décideront de courir. Et, comme dans d’autres grandes classiques, le facteur chance joue également. Il est fréquent que, dans les approches des côtes, voire dans celles-ci, des chutes se produisent et réduisent drastiquement les chances de succès de certaines prétendantes.

Vitesse : Wiebes, en quête d’un doublé

Si la course se termine par une volata, la grande favorite est la Néerlandaise Lorena Wiebes (SD Worx-Protime). Cela ne surprend personne. Elle est capable de passer le Poggio, et aussi la Cipressa. Mais sa capacité en montée est perfectible. C’est sa matière à travailler. Elle a progressé ces dernières années, mais sans encore franchir un cap définitif. Cela joue également en sa faveur et en celle de son équipe. Une autre grande carte trouve sa place dans l’équipe (Lotte Kopecky) sans empiéter sur son terrain. L’an passé, elle a su en tirer parti, ainsi que du travail de Kopecky. Cette année, cela semble un peu plus compliqué, car SD Worx-Protime ne paraît pas encore avoir assemblé toutes les pièces du puzzle et, de plus, Wiebes ne nous a pas montré sa meilleure version en montée dans les classiques précédentes.

L’Italienne Elisa Balsamo (Lidl-Trek) est une autre grande sprinter capable d’encaisser les efforts de la Cipressa et du Poggio. Elle arrive avec plus de doutes que l’année dernière quant à son sprint et à son pic de forme. Peut-être que son pic de forme n’est pas encore pour cette semaine, ou peut-être que son hiver a été perturbé. Malgré tout, il ne faut pas l’écarter. Balsamo est une cycliste qui sait saisir les opportunités. Il ne faut pas sous-estimer l’ancienne championne du monde.

La Néerlandaise Marianne Vos (Visma-Lease a Bike) est une autre prétendante à la victoire à Sanremo. L’an dernier, Vos a fait ses débuts dans cette course de RCS. Peu sont les épreuves auxquelles Vos n’a pas pris part plus d’une fois, et encore moins à ce niveau. L’an dernier, elle a terminé deuxième. Cette année, elle n’a couru qu’en Italie et a laissé une bonne impression, sans atteindre l’excellence. Une équipe avec deux cartes aussi bien équilibrées que contrastées peut être celle qui raflera la mise.

La Néo-Zélandaise Ally Wollaston (FDJ United-SUEZ) est probablement l’autre grande sprinteuse que nous espérons voir relever le défi d’améliorer sa capacité à grimper et à encaisser les efforts dans cette classique. Son début de saison dans l’hémisphère sud nous laissait rêver que Sanremo pouvait être un objectif. Toutefois, en Europe, nous ne l’avons pas encore vue confirmer son état de forme et ses progrès. Dans une équipe avec Vollering comme leader, elle ne bénéficiera peut-être pas de suffisamment de soutien, mais si elle passe le Poggio, il sera difficile d’imaginer que, chez FDJ United-SUEZ Boom, on ne décide pas de rouler pour elle.

Et, bien sûr, si nous envisageons une volata ou une arrivée en groupe fourni, nous devons considérer d’autres sprinteuses de tout premier plan (et parfois plus que cela) comme Chiara Consonni (CANYON//SRAM zondacrypto), Letizia Paternoster (Liv AlUla Jayco), Eleonora Gasparini (UAE Team ADQ) ou Cat Ferguson (Movistar). Parmi celles-ci, Paternoster et Ferguson sont probablement celles qui ont donné les meilleurs signes quant à leur capacité à franchir les ascensions dans les premières positions ou à se réintégrer.

Le puncheur

Évidemment, la Milano-Sanremo Women 2026 est un terrain potentiellement très favorable aux puncheurs. Il est difficile d’imaginer une arrivée massive, mais le scénario d’une arrivée en petit groupe rend ce profil de coureuses particulièrement intéressant. Sans aucun doute, un nom se détache ici au-dessus de tous les autres : la Suissesse Noemi Rüegg (EF Education-Oatly).

Rüegg s’est à nouveau affirmée en remportant une nouvelle fois le Santos Down Under, et en remontant sur le podium à la Cadel Evans GOC. C’est une cycliste qui vise la victoire sur la Milano-Sanremo Women 2026. Elle aura à ses côtés la championne du monde Magdeleine Vallieres, qui peut être d’une aide décisive pour se réintégrer ou contrôler les derniers instants. Rüegg est candidate à tout sur la Milano-Sanremo Women 2026.

L’Allemande Liane Lippert (Movistar) a commencé la saison de façon sensationnelle. Elle a été handicapée à l’Omloop par la maladie. Pourtant, cette classique peut tout à fait convenir à ses qualités. De plus, le fait de savoir qu’avec Ferguson l’équipe dispose d’une carte en cas d’arrivée de groupe peut nous permettre de voir une version encore plus offensive ou baroudeuse de Lippert.

La Mauricienne Kim Le Court De Billot – Pienaar (AG Insurance – Soudal) est une autre cycliste au profil puncheur à considérer pour la victoire. 2025 a été sa saison de confirmation. En 2026, elle n’a pas déçu aux Émirats. Avec sa belle pointe de vitesse, ses options ne font guère de doute. En outre, elle pourra compter sur la présence inestimable de sa coéquipière Justine Ghekiere.

Et même si, en 2026, elles ne nous ont pas encore donné de grands signes de leur niveau, nous ne devons pas écarter d’autres grandes puncheurs du peloton. Nous devons prendre en considération des cyclistes comme la Britannique Pfeiffer Georgi (Picnic PostNL), l’Australienne Ruby Roseman-Gannon (Liv AlUla Jayco) ou la Norvégienne Mie Bjørndal Ottestad (Uno-X Mobility).

Il falco di Sanremo

La descente du Poggio est généralement l’un des grands moments cyclistes du printemps. Aussi bien en direct que sur les réseaux sociaux, elle nous laisse souvent des instants et des éclats de génie en termes de dextérité technique. On ne gagne pas toujours en attaquant dans la descente, mais dans cette classique il est rare que personne ne tente sa chance en basculant. En 2025, la course ne s’est pas gagnée dans la descente, même si Longo Borghini a essayé. C’est pourquoi nous devons également mettre en avant certaines cyclistes particulièrement douées en descente.

Le Lidl-Trek compte, a priori, deux atouts pour la descente : les Néerlandaises Shirin van Anrooij et Lucinda Brand. Le plus probable est que leurs options soient subordonnées à celles de Balsamo, mais il ne faut pas les écarter. D’autres coureuses dont il faut également tenir compte lorsque les conditions deviennent un peu défavorables sont la Hongroise Blanka Vas (SD Worx-Protime) et la Française Cédrine Kerbaol (EF Education-Oatly).

Vas nous a montré à de nombreuses reprises qu’elle est l’une des surdouées en termes d’habileté sur le vélo. À Alfredo Binda, elle semblait avoir un bon coup de pédale, même si peut-être pas suffisant pour suivre les meilleures dans le Poggio. Le pic de forme de Kerbaol semble encore loin de Sanremo, mais il ne faut pas non plus l’éliminer de l’équation.

Les super-classées

En ce qui concerne les super-classées ou grandes championnes, une femme se détache au-dessus de toutes. La Néerlandaise Demi Vollering (FDJ United-SUEZ) est la meilleure de ce début de saison. À Valence, elle a une nouvelle fois démontré sa valeur. Mais c’est à l’Omloop, qu’elle a remporté devant Niewiadoma, qu’elle a laissé l’impression d’aborder cette campagne de classiques sans contretemps et dans un état presque optimal. Même si, à Strade Bianche, elle a été mise hors course à cause d’une erreur de parcours, elle n’a pas laissé une mauvaise impression. FDJ United-SUEZ est l’une des équipes les plus fortes en vue de cette course et on y a vu une manière claire de courir pour une leader. Malgré tout, Juliette Berthet pourrait avoir quelques options individuelles au cas où un petit groupe basculerait le Poggio en tête.

L’Italienne Elisa Longo Borghini (UAE Team ADQ) est une autre des meilleures cyclistes de ce début d’année. À Strade, elle a peut-être payé les efforts, mais aux Émirats, elle a été de loin la plus forte. L’état de forme de Longo Borghini ne suscite aucun doute, pas plus que son équipe. En 2026, UAE Team ADQ voit les choses tourner dans le bon sens et exploite tactiquement sa supériorité numérique dans certaines courses, comme à Binda. Avec la Polonaise Dominika Włodarczyk et l’Espagnole Mavi García, l’équipe dispose de deux cartes de poids pour des scénarios alternatifs. Włodarczyk est une excellente fondiste dotée d’une bonne pointe de vitesse, tandis que Mavi García a un sens tactique aiguisé pour se placer en course.

Une autre superclase qui arrive renforcée est la Polonaise Kasia Niewiadoma (CANYON//SRAM zondacrypto) après son grand Omloop. À Strade, elle a confirmé le bon coup de pédale montré à l’Omloop et aux Émirats. L’absence de l’Américaine Chloe Dygert est un facteur qui peut lui peser, même si on la voit très combative et confiante en ses capacités.

La Néerlandaise Puck Pieterse (Fenix-Deceuninck) ne réalise pas une mauvaise campagne de classiques après les Mondiaux de cyclocross. Néanmoins, elle semble encore loin de son meilleur niveau et de celui de certaines favorites. Cependant, nous connaissons la combativité de Pieterse. Il ne faut pas l’écarter, même si elle ne semble pas être à son pic de forme.

Et que dire de l’ancienne championne du monde Lotte Kopecky (Team SD Worx-Protime) ? Elle n’a pas eu beaucoup de réussite dans ce début de campagne de classiques, à l’Omloop et à Strade. Nous ne l’avons pas non plus vue à l’attaque, mais il ne faut pas l’écarter. Ni exclure qu’elle ne soit pas dans un grand moment de forme. Mais même si ce n’était pas le cas, il ne faudrait pas davantage l’écarter. Kopecky est une surdouée. Lors d’une année mauvaise, voire désastreuse, elle a gagné en Flandre. Avec sa capacité à se lancer dans le Poggio ou à imposer son formidable rush final dans un groupe réduit, elle est une candidate très sérieuse. En cas de présence de toutes les deux en tête de course après le Poggio, elle sera théoriquement subordonnée à Wiebes. Mais pourquoi ne pas imaginer qu’elle soit la seule de SD Worx capable de résister après le Poggio ?

Autres prétendantes à la Milano - Sanremo Women 2026

Mais la liste des prétendantes ne s’arrête pas là. Il y a des cyclistes et des équipes plus discrètes qu’il faut prendre en compte, comme l’Italienne Monica Trinca Colonel (Liv AlUla Jayco), l’Italienne Letizia Borghesi (AG Insurance - Soudal), la Canadienne Sarah van Dam et la Néerlandaise Femke de Vries (Visma-Lease a Bike), la Norvégienne Kathrine Aalerud (Uno-X Mobility), ou les Néerlandaises Nina Buijsman et Thalita de Jong (Human Powered Health).